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En lisière

du 7 au 25 février 2017

Eric Bourguignon 

Les oeuvres d’Eric Bourguignon sont des mondes, qui tous disent une chose: Ne pas tout dire. Ses paysages bleutés, ceux aux couleurs terreuses, parsemés parfois de silhouettes timides, comportent tous une porte, comme dans une oeuvre fantastique la porte qui promet un autre monde, si toutefois l’on parvient à la franchir… L’artiste créé un cheminement aux indices ténus, instillant dans une palette aux couleurs composées, sourdes, des fulgurances chromatiques qui sembleraient être arrivées par inadvertance si la dissonance n’avait fait naître une harmonie à l’équilibre magique. Coloriste hors du temps, il promène sa palette à travers les siècles; sombres couleurs de prémices de fin du monde d’un Bosch (auquel il laisse toute violence) aux bleus aquatiques d’un XXème siècle.


© photo: Jérôme Delépine

Hijack

du 13 au 29 octobre 2016

Lou Ros

Prises sur le vif, triturées, bouleversées, les images de Lou Ros s’imposent à la rétine comme un rapt. Surface de séduction, le cadre m’appelle tandis que le sujet ne me regarde pas. C’est-à-dire qu’il me nargue plus qu’il ne m’apaise. Tout se joue dans un rapport qu’on pourrait qualifier de violent et qui serait de l’ordre du détournement. La question n’est pas en effet du côté de la maîtrise du matériau peinture, ni de la source souvent cinématographique du cliché. Rien non plus à tirer de l’aspect esthétique de l’ensemble.

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Il faut saisir la rupture, l’angoisse du suspens, la mélancolie froide et distancée d’un quotidien trop banal pour être conté. Comprendre ce que peut dire la touche du peintre à l’endroit des écrans du réel. Le geste est épidermique avant d’être travaillé. D’une réaction qui ne serait pas en deçà du pour ou contre, tout en étant fondamentalement viscérale. Il y a chez Lou Ros une étrange concomitance entre nonchalance et râle qui pousse immanquablement le spectateur à chercher un moyen d’accéder à l’envers d’un décor qui ne livre rien.

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Il importe de bien asseoir l’essence du travail de l’artiste. Et de le faire simplement en évoquant un Francis Bacon à l’instar duquel il nous faut supporter l’intolérable frisson de la viande faite chair – quand la carcasse se voulait marbre inaltérable. Les sujets se situent à l’intersection entre mythe et vacuité, entre le gloss du rêve et la texture en carton-pâte du quotidien. S’il fallait parler de la palette, on évoquerait le gris, mais on s’y noierait sans rien comprendre. De l’asphalte, certes, pour y frotter la chair. Du passé étouffé. Mais surtout un précipice sous forme de point d’interrogation.

« Et puis quoi ? » Et l’écho de répéter.

Clare Mary Puyfoulhoux

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